mardi, 29 août 2006

"Les chutes" de Joyce Carol Oates

medium_chutes.gifJe viens de terminer le très romanesque roman de Joyce Carol Oates, Les chutes.

Après m'être creusée mes petits méninges pendant plusieurs jours, je n'ai toujours pas réussi à faire un résumé qui me semble convenable, je vous livre donc celui du site de la FNAC (pour une fois, je peux quand même !)

" Lorsqu'elle découvre le mot énigmatique que son mari lui a laissé, appuyé contre un miroir de la chambre à coucher de leur suite nuptiale du Rainbow Grand Hotel, à Niagara Falls, État de New York, Ariah est mariée depuis vingt et une heures. Lorsqu'elle apprend le même jour, en début d'après-midi, par la police de Niagara Falls qu'un homme ressemblant à son époux s'était jeté tôt ce matin-là dans les Horseshoe Falls et avait été emporté, disparu sans laisser de traces, elle est mariée depuis un peu moins de vingt-huit heures.
Tels sont les faits bruts, cruels, par lesquels commence le dernier roman de Joyce Carol Oates. Mariée et devenue veuve en l'espace d'une journée, Ariah se considère désormais comme vouée au malheur. Elle va devenir, avec le temps, une femme qui s'attend au pire pour échapper à l'anxiété de l'espoir. Une femme aux principes calmes, fatalistes, qui prévoit sa vie avec la sérénité d'un météorologue. Attendant pendant sept jours et sept nuits que l'on retrouve le corps du défunt, elle attire l'attention de Dirk Burnaby, un jeune avocat. Ensemble, ils vont fonder une famille et vivre dix années de bonheur absolu avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau…"

Comme vous pouvez le deviner au vu du résumé, ce livre est d'une gaieté sans nom ... On suit toute la vie (ou presque) d' Ariah l'héroïne du livre et ce grâce à plusieurs narrateurs (ses enfants et un omniscient). On plonge peu à peu avec elle dans une espèce de folie et un certain désespoir digne des héroïnes de tragédie grecque.

Le livre comprend quelques longueurs à mi-parcours mais la fin notamment est assez hypnotisante. On déteste, on plaint, on s'attache tour à tour à Ariah et à son triste destin et dessein ainsi qu'à ses 3 enfants et son mari, victimes innocentes (ou presque) des excès supersticieux et pessimistes d'une femme qui semble parfois plus soumise qu'actrice de sa propre vie et vouée à la perdition.

Un destin de femme donc sur fond de changements sociaux profonds  qui nous mène jusqu'à l'Amérique d'aujourd'hui.

Pour amateurs de romanesque intelligent et de romans de moeurs  bien écrits (ça c'est obligatoire!) . Tentez le coup, ce fut une vraie bonne surprise pour moi !

Signé leiloune 

mardi, 08 août 2006

Quelques livres

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de 3 livres trés différents que j'ai lu dernièrement. Il y en a pour tous les goûts alors surtout n'hésitez pas à me laisser des messages sur le blog pour me dire lesquels vous lisez, vous avez lu et votre avis; c'est intéressant pour moi d'avoir des retours.

medium_virgins.gifVirgin Suicidesde Jeffrey Eugenides : le livre qui a inspiré le film de Sofia Coppola. Pour ceux qui ont vu le film, sachez qu'il constitue presque un copié collé du livre à une différence prés la noirceur. Mais je rappelle briévement l'histoire : Le destin tragique de 5 soeurs qui vont toutes se suicider avant d'avoir atteint l'âge adulte. On découvre leur histoire à travers les yeux d'une bande de copains qui 20 ans aprés les faits sont toujours en admiration devant les soeurs Lisbon et tentent en vain de comprendre leur geste. 

Ce livre se lit très rapidement car même en connaissant l'histoire et la fin tragique, on a envie d'en savoir plus sur cette famille, sur ces soeurs énigmatiques et de comprendre le pourquoi de leur mort. On est véritablement plongé au coeur des tourments de l'adolescence et de ce qu'ils peuvent être dans une société puritaine et pleine de tabous. Le livre gagne en noirceur au fur et à mesure du compte à rebours de la mort des héroïnes dont la courte vie. vous laisse troublé.

Un bon livre donc pour les amateurs de psychologie mais pas seulement .Il peut se lire à partir de 15 ans je pense.

 

Truismes de Marie Darieussecq : Cela faisait longtemps que je voulait lire ce livre pour le moins original et décalé et jemedium_truismes.jpg n'ai vraiment pas été déçue. Je l'ai lu d'une seule traite. L'auteur nous raconte l'histoire d'une jeune femme se transformant petit à petit en truie et ceci dans une société qui ressemble à la notre mais en proie à de plus grands changements politiques et parfois à un certain dépravement. On suit donc à la fois la transformation de la jeune femme et celle de la société. L'ambiance au fil du récit devient de plus en plus décalée et à la fin on en reste un peu pantois.

J'ai donc beaucoup aimé Truismes même si c'est un livre vraiment étrange et je sais donc qu'il ne fera pas l'unanimité tant pour son histoire que pour ses ambiguités et son côté provocateur. 

 

medium_lament.gifLa famille Lament de Georges hagen : L'auteur nous raconte ici les pérégrinations d'une famille blanche sud africaine qui quitte son pays par refus du colonialisme et de la ségrégation. Le lecteur suit leurs vie, leurs nombreux déménagements et se prend d'amitié pour cette famille qui en voyageant cherche sa place dans le monde. L'Amérique leur semblera l'eldorado même si la réalité ne s'avérera pas aussi plaisante que la théorie. Leurs joies, leurs drames, les difficultés de leurs vie deviennent peu à peu les nôtres et quand on referme le livre on en réclamerait bien une petit part supplémentaire. Que cela soit dit les Lament à la fin du livre sont un peu devenus des membres de notre famille !

 

Signé Leiloune 

lundi, 07 août 2006

Van Gogh

medium_theo.gifAprès avoir écouté une émission à la radio, j'ai eu très envie de m'acheter le livre de Judith Perrignon, "C'était mon frère". Eh bien que cela soit dit, j'ai bien fait... Ce livre est absolument passionnant. Mais je m'emballe et vous ne savez toujours pas de quoi parle le livre !

L'auteur s'est plongé dans les derniers mois de la vie de Théo Van Gogh, le frère de Vincent. Après de nombreuses recherches notamment sur les lettres entre Théo et Vincent, elle a écrit un récit en se placant dans la peau de Théo durant ces derniers mois de vie. C'est un roman, Judith Perrignon imagine bien sûr les pensées de Théo mais elle s'est tellement  documentée que cela ressemble parfois à un journal intime.Ce qu'il me semble important de préciser, c'est la pudeur et le respect présents dans tous le récit. On partage la douleur, la folie sans jamais tomber dans le pathos. 

Mais vous me direz qu'avait de si particulier Théo Van Gogh pour qu'on lui consacre un livre. En fait , outre le fait d'avoir été extrémement proche de Vincent, toute le drame et la beauté de son histoire réside dans les dates de décés des 2 frères : Juillet 1890 : Mort de Vincent

           Janvier 1891 : Mort de Théo

Ce dernier n'a pas survécu plus de 6 mois aprés le déchirement que fut pour lui la disparition de Vincent.Il mourut dans un asile gagné par la folie.  

Ce livre constitue donc pour moi un petit bijou d'émotion. On apprend des choses sur la vie d'artiste, sur la douleur qu'elle peut parfois procurer, on cotoie Gauguin, Toulouse Lautrec et l'on ressort ému, troublé avec une envie folle de se (re)pencher sur l'oeuvre de Vincent Van Gogh en ayant une pensée pour Théo l'ombre de l'artiste.

 Signé leiloune

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