mardi, 17 octobre 2006

La foire aux vanités

medium_foire.gifJe viens donc de terminer la foire aux vanités de William Makepeace Thackeray et ce livre malgré ses 1000 et quelques pages, je dois dire qu'i m'a passionné de bout en bout .

Mais je vous laisse le soin de découvrir la 4ème de couverture pour mieux situer de quoi il s'agit (ce n'est pas que soit paresseuse, mauvaises langues, c'est qu'elle est bien faite !) 

"Il s'agit de l'un des plus grands classiques du roman anglais. Le XIXe siècle britannique est divisé entre Dickens et Thackeray comme le nôtre entre Balzac et Stendhal. Thackeray (1811-1863) est l'égal de Stendhal et La Foire aux Vanités (1848), son chefs-d'oeuvre. Il y utilise un style humoristique ou ironiquement épique pour donner l'un des plus grands romans de satire sociale en langue anglaise.

La thèse fondamentale du livre est que, dans la société occidentale, le seul moyen d'arriver, si l'on est sans naissance ni fortune, est de violer tous les principes moraux que la société fait semblant de respecter. La question qu'il pose donc est : qui faut-il blâmer, ces aventuriers, ou le système qui les rend nécessaires ? Le personnage principal est une femme hypocrite, ambitieuse et sans scrupules : on assiste à son ascension au sommet de la société et à sa chute. Autour d'elle s'agite, dans une immense fresque, la " Foire aux Vanités "."

Vous aurait donc compris que l'auteur nous fait plonger au coeur de la bourgeoisie (petite et grande) et de l'aristocratie anglaise afin de nous montrer à la fois leur quotidien, leur ambitions mais aussi tous leurs complots et intrigues. Car il faut vous dire à vous qui n'avait jamais profité d'un bon petit gueuleuton avec ces gens qu'ils ont 3 buts principaux dans leur vie : faire de "bons" mariages (nous parlons de situations sociales et non de sentiments pour les fleurs bleues qui me lisent même s'il y a un semblant d'exception dans le livre), gagner toujours plus d'argent (captation d'héritages, bonne place dans l'armée ou dans les affaires afin d'augmenter sa rente) et être apprécier de tous (avec tous les commérages pour éliminer la concurrente qui ose avoir danser avec le gentilhomme convoité pendant le bal du duc de perlinpinpin). Mais assez d'humour et de légéreté, tout ceci est sérieux, il en a va de la vie et de la position sociale et de l'invitation à prendre le thé chez Mistress O'Dowd de nos personnages.

Plus sérieusement, le sous-titre du livre est "roman sans héros" et ceci est important ... eh oui car j'estime qu'i y a un double-sens ici (attention analyse littéraire de haut niveau ...).D'une part, il est vrai que l'auteur même s'il s'attache plus précisement à quelques personnages en particulier et notamment à deux femmes dresse un trés large galerie de portraits (attention d'ailleurs à ne pas vous y perdre tant on a affaire à des personnages qui se croisent de prés, de loin dont les intérets ses rejoignent, s'opposent etc...et dont les noms ne sont pas toujours simples à retenir et qui changent avec les mariages)), on peut donc dire qu'il n y a pas de héros précis comme pourrait le faire un Dickens dans "david Copperfield" ou Balzac dans " La peau de Chagrin " pour me référer à des contemporains de Tackeray.

D'autre part, ce roman ne contient pas de héros au sens héroïque du terme. A aucun moment, les faits ne suscitentmedium_200px-William_Makepeace_Thackeray.jpg l'admiration si ce n'est par l' habilité de certains à la tromperie. et il s'agit bien là du sujet de Thackeray qui ne condamne jamais les êtres mais plutôt la société qui les pousse à faire des actes peu flatteurs . La société (je resitue, on est en Grande Bretagne au 19 ème même si je suis assez tentée de dire que tout ceci me semble trés actuel. Ah l'intemporalité des êtres et de la littérature !...) ne produit plus des héros mais des gens esclaves de leurs vanités et du prestige social qu'ils désirent.

Je crois que je vais accélerer le rythme car je pense pouvoir passer des heures à parler de ce roman et des auteurs anglais du 19 ème. (je suis dans ma période littérature anglaise et je pense que je vais bientôt connaitre par coeur la partie universalis consacrée à ce sujet et à l'époque victorienne également!) .

Un dernier mot quand même sur le style de Tackeray qui est fabuleux.Ses descriptions (ah oui pour ceux qui n'aime pas les longues descriptions, dommage pour vous) sont trés précises et passionnantes, il a une manière de décrire les gens et leur caractère trés incisive parfois cynique. De plus, il fait assez souvent irruption dans le récit et fait preuve d'auto dérision et de d'une critique assez corrosive envers ses collègues écrivains.

 Allez, j'arrête là car je dois commencer à vous ennuyer !

Lisez Thackeray ! Soyez audacieux! N'ayez pas peur du nombre de pages! Osez découvrir et apprendre !

 

Signé Leiloune 

 

Commentaires

Est-ce ce livre qui est à l'origine du film vanity Fair avec Reese Witherspoon??

Ecrit par : Choupynette | mardi, 17 octobre 2006

oui tout à fait mais n'ayant pas vu le film je ne sais pas si il est fidèle au livre.

Ecrit par : leiloune | mardi, 17 octobre 2006

Coucou Leiloune! Littérature anglaise du XIXème siècle, ça donne envie d'essayer!

Ecrit par : Aude | mardi, 17 octobre 2006

Je viens d'acheter ce livre, et ton commentaire me donne très envie de le lire. Je pensais que c'était quelque chose du genre de Zola, mais visiblement, c'est beaucoup plus intéressant. Merci bien pour ce commentaire !

Ecrit par : Lilly | mercredi, 01 novembre 2006

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