jeudi, 22 mars 2007
L'infortunée
"A Londres en 1823, Lord Geoffroy Loveall recueille un nourrisson. En l'adoptant, sa mère et lui espèrent déjouer les plans de leur cousins qui souhaitent hériter du domaine familial. Lady Loveall s'aperçoit avant de mourir que l'enfant est un garçon mais Sir Geoffroy persiste dans son erreur et le fait élever comme Rose, la future Lady Loveall. A l'adolescence, le scandale éclate et Rose s'exile."
Voici l'histoire somme toute assez classique du premier roman de Wesley Stace, L'infortunée. Ce que l'auteur va faire de cette histoire est nettement moins classique puisqu'il nous livre là un véritable petit bijou d'écriture et de narration.
La question centrale du roman est la la construction de l'identité et ce au travers d'une situation assez complexe d'enfant dont le sexe biologique et le sexe social ne sont pas les mêmes. Rose, le héros (l'héroïne ?) vit jusqu'à l'adolescence une existence de petite fille "normale" même si parfois elle a du mal à comprendre les raisons de la sur protection dont elle fait l'objet. C'est que cette enfant (qu'il soit garçon ou fille) est arrivé dans une grande famille aristocrate au bord de l' effondrement (moral et familial et non financier) et va constituer le fil qui retient lord Loveall à la vie.
Le thème de la construction de l'identité ne se réduit donc pas ici au simple genre mais également à la place que l'on se donne et que l'on nous donne au sein de la famille et de la société.
Par ailleurs, deux autres éléments m'ont plu dans L'infortunée. D'une part la manière dont Wesley Stace traite ses personnages sans manichéisme ou caricature mais avec une véritable profondeur et toute la justesse nécessaire à la description d'individus complexes tant dans leur mode de pensée que dans leurs attitudes et réactions face aux événements. D'autre part, le romanesque du roman ne pouvait que me charmer vu mon penchant pour la littérature anglaise du 19ème car même si L'infortunée est bien un roman contemporain, l'auteur arrive parfaitement à récréer tant dans le style que dans la narration l'ambiance de cette époque.
Enfin, ce roman constitue un déchainement d'évènements et un véritable suspense romanesque se crée au fil des pages et l'on a bien du mal à lâcher le livre.
Un vrai plaisir de lecture, une histoire formidable, une écriture de très bonne qualité , un roman avec une véritable profondeur et beaucoup d'émotions ... que demander de plus ?
Vous ne serez donc pas surpris que je termine en vous conseillant vivement la lecture de L'infortunée de Wesley Stace.
Signé Leiloune
Lien vers la critique de Lire pour se convaincre un peu plus de lire ce livre :
http://www.lire.fr/critique.asp/idC=49585/idR=217/idTC=3/idG=4
18:36 Publié dans Romans anglo-saxons | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 08 mars 2007
Meurtres à Cardington Crescent
17:04 Publié dans Romans anglo-saxons | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Le magasin des suicides de Jean Teulé
Lorsque j'ai vu ce livre sur la table des nouveautés d'une librairie, j'ai tout de suite pensé "il faut que je l'achète". J'investis rarement dans un livre qui vient de sortir (ce n'est pas que ça coute cher mais un petit peu quand même !) mais là la couverture exerçait une sorte d'attirance incontrôlable sur moi (je crois qu'il faut que j'arrête de lire du Stephen King ...!).
J'ai donc cédé à cette pulsion littéraire et ... j'ai eu raison. Ouf!
Disons le clairement, ce roman est formidable. L'histoire est toute simple : dans un futur proche où la joie et l'espoir ont fait place à l'absence de repères et au désespoir, une petite boutique fonctionne fort bien. Il s'agit du magasin des suicides situé près de la cité des religions oubliées. Dans ce commerce, le suicide est promus au rang d'art et l'on y vend pèle-mêle sabres, cordes, poisons (faits maison bien sûr), lames de rasoirs etc etc etc.. Tout va donc pour le mieux dans le pire des monde jusqu'au jour où le petit dernier de la famille se met à ... être heureux ! Il suffira d'un sourire et de la naïveté d'un enfant pour que tout se mette à aller de travers.
Le dernier opus de Jean Teulé (connu jusque là pour ses biographies de poêtes) est un trésor d'inventivité, d'humour, de cynisme et de poésie. Car l'histoire de cette famille spécialisée dans le suicide se révèle être au delà de sa drôlerie, d'une poésie légère et touchante. L'auteur alterne les registres et nous offre un roman émouvant et drôle à la fois qui malgré le côté farfelu de ses situations est d'une extrême justesse dans le ton et dans l'écriture et d'une véritable clairvoyance sur notre société.
Un livre à lire sans hésiter en espérant n'avoir jamais à le classer dans la catégorie roman d'anticipation ...
Signé Leiloune
16:40 Publié dans Romans français | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
