jeudi, 03 mai 2007

Les sirènes de Bagdad

 " Le coup parti, le sort en fut jeté. Mon père tomba à la renverse, son misérable tricot sur la figure, le ventre décharné, fripé, grisâtre comme celui d'un poisson crevé... et je vis, tandis que l'honneur de la famille se répandait par terre, je vis ce qu'il ne me fallait surtout pas voir, ce qu'un fils digne, respectable, ce qu'un Bédouin authentique ne doit jamais voir - cette chose ramollie, repoussante, avilissante, ce territoire interdit, tu, sacrilège: le pénis de mon père... Le bout du rouleau ! Après cela, il n'y a rien, un vide infini, une chute interminable, le néant... "

medium_bagdad.gif    Parler du roman de Yasmina Khadra, Les sirènes de Badgad et des émotions que sa lecture vous procure n'est pas une tâche facile. Je me contenterais bien d'un "lisez le" mais je crois que ça serait un peu léger comme critique...

L'histoire d'abord .... Yasmina Khadra nous conte le parcours d'un jeune irakien de 20 ans revenu dans son village natal après l'invasion du pays par les américains et la déstruction de son université. Il s'ennuie, observe les vieux du village discourir sans cesse sur le conflit, les jeunes chez qui la colère monte, l'incompréhension face à la guerre qui s'installe chez chacun. Et puis un jour, les américains débarquent au milieu de la nuit, font sortir tout le monde de la maison et le héros voit son père trainé à demi-nu sur le sol par les GI. La haine et la soif de vengeance entre dans son coeur, il part pour Badgad, désormais il luttera, il sera un kamikaze.

C'est bien un parcours initiatique que nous livre là l'auteur, le héros va faire l'apprentissage de la colère, de la haine, il va se prendre en main et faire son chemin seul. Mais au delà du récit principal, c'est bien une guerre que nous découvrons de l'intérieure, ses atrocités, ses injustices. Yasmina Khadra sans jamais justifier ou excuser nous permet de mieux comprendre un peuple et la dérive de certains pour le terrorisme,  Il nous oblige à ne plus regarder uniquement avec nos yeux d'occidentaux et à observer les choses de l'intérieur.

Ce livre est une ode à la tolérance, à la comprehension entre les peuples, un cri contre la violence quelle qu'elle soit.

Ce livre bouleverse, indigne, émeut, révolte mais surtout la prose de Khadra s'insinue en nous et change notre manière d'appréhender l'orient et l'occident et plus précisément le conflit irakien . Sa lecture , il me semble, est indispensable et participe à la réconciliation entre les peuple en nous plongeant dans une guerre qui comme tant d'autres n'aurait jamais du avoir lieu.

 

 Signé Leiloune 

 

Commentaires

j'ai découvert Y. Khadra avec Attentat et la hirondelles de Kaboul, j'avais beaucoup aimé , ces livres ont un rythme et une histoire qui bouge; dans les sirène de bagdad l'histoire m'a semblé plus lente, je m'attendais à apprendre plus sur les irakiens , la façon dont il vivent au coeur de cette guerre, j'ai été un peu déçu par ce livre.

Ecrit par : pom' | samedi, 05 mai 2007

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