samedi, 30 juin 2007

La fée et Le géomètre de Jean-Pierre Andrevon

b110f747f2dfbcb022bdc99502e3a964.gifIl était une fois une forêt paisible où tous les habitants vivaient en harmonie; les fées s'entraînaient à la magie, les lutins travaillaient, les ondines se prélassaient dans l'eau, les elfes crapahutaient dans les arbres ... jusqu'au jour où surviennent 3 humains, un cadre d'une multinationale, une éthnologue et un écolo-défenseur des droits de l'homme (et autres créatures terrestres de fait). Car le pays où nous nous trouvons constituait le dernier endroit de la planête non exploré par l'Humain. C'est chose faite. A présent, de nombreux Hommes arrivent et font comme chez eux car il faut dire que le sol du Pays Vert comme ils le nomment regorge de ressources naturelles et que ses forêts sentent bon la nature intacte dont sont si demandeurs les citadins ...

Voilà le début du roman de Jean-Pierre Andrevon, La fée et le géomètre. J'ai trouvé ce livre absolument formidable, il fait partie de ces ouvrages où sans trop savoir comment et pourquoi une alchimie se crée entre le livre et le lecteur.

Car il ne s'agit pas là d'un simple conte avec fées, lutins et autres gnomes, il s'agit plus d'une très onirique métaphore sur la colonisation, le respect de l'environnement et nous dirons des terriens. En effet, vous vous en doutez, les Hommes à leur arrivée au Pays Vert ne sont pas tous pleins de bonnes intentions et même quand leur but n'est pas mauvais, ils ne pensent qu'à occidentaliser et à urbaniser le territoire sans aucun respect pour les croyances et le mode de vie des autochtones .

Mais il ne s'agit pas là d'un roman dramatique; on rit car l'écriture et le récit sont plein d'humour et emplis de naiveté "lutinesque" (vous comprendrez si vous le lisez !) et on pleure car on s'attache à ce peuple tranquille impuissant face à la destruction de sa société.

 Je vous encourage donc vivement à dévorer La fée et le géomètre dés l'âge de 12 ans et même plus voire bien plus ...

 

Signé Leiloune 

  

mardi, 19 juin 2007

A la conquête de l'ouest

Attelez les chevaux, montez dans les chariots .... en route vers l'ouest !! Non, je n'en fais pas trop ! Quand on aime, on est excessif et moi j'adore les histoires de conquête de l'Ouest, de ruée ver l'or, d'indiens, de sécessions, de chemin de fer souterrains ... (peu importe la chronologie, les spécialistes l'auront remarqué, du moment que ca se passe entre le 18ème et la 1ère guerre mondiale dans un pays anglo saxon, je suis partante et ne me demandez pas pourquoi, même ma mère je pense n'a encore pas compris !).

Tout ça pour vous dire que je viens de lire deux bons livres accessibles à partir de 12 ans et qui racontent chacun une tranche de vie dans l'ouest américain.

efebf306527594bef5eb78a098884595.gifPépites de Anne-Laure Bondoux : Cette (excellent) écrivain nous raconte les aventures de Bella Rossa, jeune femme dotée d'une flamboyante chevelure rousse et d'une poitrine très avantageuse (ce n'est pas un détail, c'est même très important dans le récit) qui décide de quitter sa ferme poussièreuse et de partir avec son père handicapé et alcoolique faire fortune en devenant colporteuse dans l'Ouest. Il s'agit d'un vrai road movie plein d'émotion, d'humour et d'aventure très bien écrit.

A lire absolument de 12 ans à 100 ans.

Il était une fois dans l'Oklahoma de Géraldine Mc Caugrhean6d8d34091150cf23a3f4148a994c5453.gif

"1853. Le gouvernement américain déclare ouvert à la colonisation le Nord-Ouest de l'Oklahoma. Cissy et ses parents sont parmi les premiers à participer à la grande aventure. Débarqués au milieu de nulle part, les pionniers, pleins de rêves, d'énergie et d'espoir, s'organisent et commencent à bâtir leur ville. Quand ils apprennent que les trains ne s'y arrêteront plus, ils craignent terriblement pour leur avenir. Mais Cissy et ses nouveaux amis sont bien décidés à se battre pour rester. Qui va l'emporter, de la puissante Compagnie des Chemins de Fer ou des vaillants pionniers ?"

Un roman très plaisant à lire avec une histoire riche en humour et en aventures. Le récit de la création d'une ville avec tout ce que cela implique comme courage, esprit de solidarité, d'ouverture (eh oui, avant la ville, il y avait des indiens), de respect de l'autre est vraiment intéressante avec comme point d'orgue la résistance face à la grosse entreprise. Par ailleurs, c'est également, un joli récit sur l'enfance.

A lire de 12 ans à 100 ans

 

Signé Leiloune 

la vierge en bleu de Tracy Chevalier

Je vous avez déjà parlé de Tracy Chevalier et de son trés réussi Jeune fille à la perle. Au vu de la qualité de son premier roman, je me suis lancé dans la lecture d'un autre de ses écrits "La Vierge en bleu".

87a94342260e377620b9d59dbc3726e8.gif"Récemment arrivée des États-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province dans le sud-ouest de la France. S'y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants, qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d'imaginer que cette quête va bouleverser sa vie. Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée «La Rousse» en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu'elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l'enfant qu'elle porte ne lui laisse d'autre choix que d'entrer dans l'intolérante famille des Tournier qui a embassé la Réforme. Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix."

 Dans ce livre, l'auteure mèle donc à la fois un récit historique et une aventure plus moderne.

J'ai été un peu déçu par ce roman même s'il m'a fait passé un agréable moment. En effet, autant le destin de La Rousse est passionnant, autant celui d'Ella l'américaine fraîchement débarquée dans la campagne toulousaine m'a semblé manquer d'originalité et de souffle. Il m'a semblé que Tracy Chevalier y allait un peu fort sur les clichés des français de la campagne face à l'ogresse américaine. Ayant moi-même grandi dans un village du sud-ouest (sans y étre née) assez semblable à celui du livre (qui existe vraiment, les habitants doivent être contents ...), je sais qu'il est parfois difficle de s'intégrer. De là à prétendre que les villageois cancanent dans le dos de l'héroïne parce que celle-ci s'est achetée une machine à laver et que cette invention moderne est réservée aux mères de famille (pour les autres, c'est à la main la lessive !), c'est un peu gros. Je sais que c'est un roman et je ne veux pas me faire l'avocate des provinciaux caricaturés mais tout de même ... quand on est aussi précis que Tracy Chevalier l'est sur les détails historiques et sur la description des villes et que l'on essaye de donner une impression de réel à son récit, on fait attention aux stéréotypes et aux facilités d'écriture.

Néanmoins, les chapitres consacrés à La Rousse sont vraiment prenants et l'on se prend vraiment d'affection pour cette jeune femme d'un autre siècle au destin tragique.Cela m'a vraiment donné envie d'en savoir plus sur cette période de l'Histoire sur laquelle je ne savais pas grand chose avant de regarder dans des livres.

Voilà, je vous ai donné mon opinion, maintenant c'est à vous de juger chers lecteurs (vive les bibliothèques, quand on est déçu, on a juste à rapporter le livre !)

 

Signé Leiloune 

mardi, 12 juin 2007

La grande patience de Bernard Clavel

La grande patience est une saga historico-familiale de Bernard Clavel dont le 1er tome avait bercé mon enfance (ah les soirées d'hiver chez ma mamie ! ...) et que je me suis décidée à lire d'une traite ces derniers jours.

La série se présente en 4 tomes  :

739a6e9c454e29d8a6f7380bbc0d0e52.jpg    *La maison des autres : 1937 - le héros Julien Dubois agé de 14 ans part faire son apprentissage14e49c82ca543fe34d1c30cd9e61fb9e.jpg en pâtisserie. C'est la confrontation souvent violente et douloureuse avec le monde des adultes et du travail.

    * Celui qui voulait voir la mer : 1940 - C'est la débacle. Julien part sur les routes pour fuir l'ennemi laissant ses parents seuls et sans nouvelles pendant de longs mois. Dans ce tome, c'est la vision des parents qui prime ; leur quotidien, les disputes, le travail encore et toujours malgré l'âge pour pouvoir vivre et surtout l'angoisse entourant l'absence du fils.

    *Le coeur des vivants : 1941 - Cette fois, c'est de nouveau sur Julien que l'on s'attarde et sur sa vie de soldat, sur sa désertion et bien sûr sur le premier grand amour. 

    *Les fruits de L'hiver : 1944 - le dernier tome - prix Goncourt 1968 - l'auteur retrouve à nouveau les deux vieux Dubois dans leur misère et les privations de la guerre et ce jusqu'à leur dernier souffle.

 J'ai beaucoup aimé cette saga même si le tome 3 m'a un peu moins captivé. La force de ces romans se trouve dans les personnages des parents Dubois. Ce sont des gens normaux, simples, qui ont travaillé toute leur vie et qui ne demandent qu'à vieillir paisiblement. Mais la guerre chamboule tout et le couple n'arrive même plus à se positionner, à comprendre cette guerre. Ils ne collaborent pas, ils ne résistent pas ; ils attendent la fin de la guerre et la fin de leur vie. Dans tout ça leur fils va deci delà, un jour dans le maquis le lendemain, artiste peintre à Marseille. Il n'est pas lâche mais a vu ses meilleurs amis mourir et n'aspire à présent qu'à aimer, lire Verlaine et peindre.

Enfin, il convient de vous dire que la fin du tome 4 est bouleversante, d'une intensité et d'une pudeur  touchantes. L'auteur décrit de manière admirable les derniers mois et instants de la vie de ses personnages nous laissant un peu en deuil nous aussi.

 Pour conclure, je vous conseille vivement cette saga de Bernard Clavel

 

Signé Leiloune 

 

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