lundi, 13 avril 2009

W.Wilkie Collins - La dame en blanc

cllins.JPGWilliams Wilkie Collins (1824-1889) est un écrivain anglais de l'époque victoriennne. Fils d'un paysagiste, Collins entama une carrière dans les affaires puis fit des études de droit pour finalement se consacrer à la peinture. Son premier roman parait en 1850 et il  en publiera de nombreux autres notamment sous forme de feuilleton dans la revue de son ami Charles Dickens. Souffrant de problèmes de santé, il devient vite dépendant du laudanum (anti-douleur à base d'opium) et présente des signes de paranoïa. Il ne s'est jamais marié mais a vécu avec une veuve et a eut trois enfants avec une autre femme. Ses romans mêlent à la fois suspense et critique sociale ce qui en fait un des précurseurs du roman policier. Petit à petit, Collins laisse de côté le genre "roman à sensation" privilègiant le côté social de ses récits ce qui lui vaut d'être boudé par son lectorat. Il meure en 1889 en laissant 27 romans dont nombre d'entre eux sont publiés aujourd'hui chez (l'excellent ...) Phébus.


La dame en blanc

dame en blanc_.jpg"Walter Hartright, professeur de dessin âgé de vingt-huit ans, s'apprête à quitter Londres pour se rendre à Limmeridge House, en Cumberland, auprès de l'aristocrate Fairlie afin d'y instruire deux jeunes filles dans l'art de l'aquarelle.

Profitant du dernier clair de lune de Londres, sur une route déserte il voit apparaître, comme sortie de terre, une étrange jeune femme toute de blanc vêtue, au regard grave et anxieux, lui demander de l'aide. Trop étourdi et étonné par cette rencontre inattendue et bizarre, il n'y prête guère plus d'attention jusqu'au jour où une allusion à cette mystérieuse Dame en blanc ressurgit."

Ce roman est absolument captivant. L'auteur distille très habilement le suspense tout au long des pages en mêlant plusieurs narrateurs. Témoignages, extraits de journaux intimes, lettres nous racontent l'histoire à posteriori. Les évènements s'entremêlent, s'éclaircissent puis s'obscurcissent à nouveau ne nous laissant pas une seconde de répit. Chaque témoin possède son propre style et sa propre vision des faits et rapidement deux clans s'opposent dans cette sombre histoire de secret de famille. Collins ne cèdent pourtant pas à un manichéisme facile, chaque personnage ayant lui aussi sa part d'ombre. La fin est rocambolesque avec une précipitation et un entremêlement des évènement dignes des plus grands Hitchcock.

Un livre tout simplement indispensable. W.Wilkie Collins vient de rentrer dans ma bibliothèque idéale ...

Signé Leiloune

mardi, 17 octobre 2006

La foire aux vanités

medium_foire.gifJe viens donc de terminer la foire aux vanités de William Makepeace Thackeray et ce livre malgré ses 1000 et quelques pages, je dois dire qu'i m'a passionné de bout en bout .

Mais je vous laisse le soin de découvrir la 4ème de couverture pour mieux situer de quoi il s'agit (ce n'est pas que soit paresseuse, mauvaises langues, c'est qu'elle est bien faite !) 

"Il s'agit de l'un des plus grands classiques du roman anglais. Le XIXe siècle britannique est divisé entre Dickens et Thackeray comme le nôtre entre Balzac et Stendhal. Thackeray (1811-1863) est l'égal de Stendhal et La Foire aux Vanités (1848), son chefs-d'oeuvre. Il y utilise un style humoristique ou ironiquement épique pour donner l'un des plus grands romans de satire sociale en langue anglaise.

La thèse fondamentale du livre est que, dans la société occidentale, le seul moyen d'arriver, si l'on est sans naissance ni fortune, est de violer tous les principes moraux que la société fait semblant de respecter. La question qu'il pose donc est : qui faut-il blâmer, ces aventuriers, ou le système qui les rend nécessaires ? Le personnage principal est une femme hypocrite, ambitieuse et sans scrupules : on assiste à son ascension au sommet de la société et à sa chute. Autour d'elle s'agite, dans une immense fresque, la " Foire aux Vanités "."

Vous aurait donc compris que l'auteur nous fait plonger au coeur de la bourgeoisie (petite et grande) et de l'aristocratie anglaise afin de nous montrer à la fois leur quotidien, leur ambitions mais aussi tous leurs complots et intrigues. Car il faut vous dire à vous qui n'avait jamais profité d'un bon petit gueuleuton avec ces gens qu'ils ont 3 buts principaux dans leur vie : faire de "bons" mariages (nous parlons de situations sociales et non de sentiments pour les fleurs bleues qui me lisent même s'il y a un semblant d'exception dans le livre), gagner toujours plus d'argent (captation d'héritages, bonne place dans l'armée ou dans les affaires afin d'augmenter sa rente) et être apprécier de tous (avec tous les commérages pour éliminer la concurrente qui ose avoir danser avec le gentilhomme convoité pendant le bal du duc de perlinpinpin). Mais assez d'humour et de légéreté, tout ceci est sérieux, il en a va de la vie et de la position sociale et de l'invitation à prendre le thé chez Mistress O'Dowd de nos personnages.

Plus sérieusement, le sous-titre du livre est "roman sans héros" et ceci est important ... eh oui car j'estime qu'i y a un double-sens ici (attention analyse littéraire de haut niveau ...).D'une part, il est vrai que l'auteur même s'il s'attache plus précisement à quelques personnages en particulier et notamment à deux femmes dresse un trés large galerie de portraits (attention d'ailleurs à ne pas vous y perdre tant on a affaire à des personnages qui se croisent de prés, de loin dont les intérets ses rejoignent, s'opposent etc...et dont les noms ne sont pas toujours simples à retenir et qui changent avec les mariages)), on peut donc dire qu'il n y a pas de héros précis comme pourrait le faire un Dickens dans "david Copperfield" ou Balzac dans " La peau de Chagrin " pour me référer à des contemporains de Tackeray.

D'autre part, ce roman ne contient pas de héros au sens héroïque du terme. A aucun moment, les faits ne suscitentmedium_200px-William_Makepeace_Thackeray.jpg l'admiration si ce n'est par l' habilité de certains à la tromperie. et il s'agit bien là du sujet de Thackeray qui ne condamne jamais les êtres mais plutôt la société qui les pousse à faire des actes peu flatteurs . La société (je resitue, on est en Grande Bretagne au 19 ème même si je suis assez tentée de dire que tout ceci me semble trés actuel. Ah l'intemporalité des êtres et de la littérature !...) ne produit plus des héros mais des gens esclaves de leurs vanités et du prestige social qu'ils désirent.

Je crois que je vais accélerer le rythme car je pense pouvoir passer des heures à parler de ce roman et des auteurs anglais du 19 ème. (je suis dans ma période littérature anglaise et je pense que je vais bientôt connaitre par coeur la partie universalis consacrée à ce sujet et à l'époque victorienne également!) .

Un dernier mot quand même sur le style de Tackeray qui est fabuleux.Ses descriptions (ah oui pour ceux qui n'aime pas les longues descriptions, dommage pour vous) sont trés précises et passionnantes, il a une manière de décrire les gens et leur caractère trés incisive parfois cynique. De plus, il fait assez souvent irruption dans le récit et fait preuve d'auto dérision et de d'une critique assez corrosive envers ses collègues écrivains.

 Allez, j'arrête là car je dois commencer à vous ennuyer !

Lisez Thackeray ! Soyez audacieux! N'ayez pas peur du nombre de pages! Osez découvrir et apprendre !

 

Signé Leiloune 

 

lundi, 25 septembre 2006

Daphné du Maurier

 Tout d'abord une petite biographie (comme toujours, merci evene.fr !) :

  LA BIOGRAPHIE DE DAPHNÉ DU MAURIER

medium_daphne_du_maurier111.jpgElevée dans une famille londonienne aisée, Daphné du Maurier écrit ses premières pages dignes d'être publiées à l'âge de dix-huit ans. Elle se marie en 1932 avec Sir Frederick Browning, général de division. "L'auberge de la Jamaïque", récit mélodramatique aux accents hitchcockiens, est le livre qui la fait connaître du grand public. C'est pourtant "Rebecca" (1938), oeuvre saluée par la critique, qui lui apporte la gloire. Son maniement expert des trames narratives en tous genres, ses décors gothiques et son goût pour la violence et le mystère en font l'égérie du genre romanesque populaire. Daphné du Maurier est également l'auteur de romans historiques et de pièces de théâtre, ainsi que biographe de son père et de Branwell Brontë.

LE ROMAN

Je viens de lire "Rebecca" de Daphné du Maurier (vous ne l'auriez pas deviné!) et je vous avoue que je n'ai qu'une medium_rebecca2.jpghâte, lire un nouveau roman de cette auteure.

Mais , il faut que je vous conte l'histoire : Une jeune demoiselle de compagnie rencontre à Monte Carlo, le mystérieux Max de Winter, veuf inconsolable depuis la mort de sa tendre Rebecca  quelques mois plus tôt. La jeune fille s'éprend du riche homme et il semble que se soit réciproque puisque Max de Winter décide de l'épouser et de l'emmener dans son manoir de Manderley. Mais la vie à Manderley n'est pas si simple... l'ombre de Rebecca plane sur la demeure...

le roman est écrit au "je". C'est la nouvelle Madame de Winter qui nous raconte son quotidien, ses difficultés à trouver sa place dans un milieu qui n'est pas le sien, à se faire respecter des domestiques notamment de la terrible Mme Danvers et surtout à sonder les profondeurs abyssales de l'âme de son mari.

L'écriture de Daphné du Maurier est trés simple et d'une grande finesse. Elle arrive parfaitement à décrire les sentiments, les impressions et donc à créer une véritable ambiance et à donner une profondeur à son récit.

je vous conseille donc vivement la lecture de Rebecca mais également le visionnage du fim d' Hitchock adapté du roman (oscar 1940 du meilleur film).

Signé Leiloune

 

samedi, 25 février 2006

Et une histoire d'amour, une !

Commencons par le commencement .... et donc par un bon vieux récit tout ce qu'il y a de plus romanesque dans la pure tradition anglaise et attention ... datant d'il y plus de 2 siècles. Eh oui, je viens de relire "Orgueil et Préjugés" de Jane Austen dont on a entendu parler ces temps- ci du fait de son adaptation hollywoodienne( adaptation que je n'ai pas vu).

Un bon vieux roman romantique donc mais pas uniquement. Bon je l'avoue j'ai frémis en espérant le mariage d' Elisabeth (dite Lizzy) avec Darcy et celui de Jane avec Bigley (quoique moins), j'ai hurlé de colère en voyant les tentatives machiavéliques de Lady Catherine pour empécher le mariage de Lizzy mais j'ai également découvert ce qu'était l'Angleterre du 18 ème. En effet, les descriptions de Jane Austen sur la société anglaise de son époque m'ont semblé trés pertinente et pleine de talent surtout. On est plongé dés le départ dans les intrigues des familles provinciales de classe moyenne dont le seul but est de prouver aux voisins que l'on peut trouver des bons partis pour ses filles sans oublier les tentatives de l'aristocatie de ne pas se mélanger au peuple et de rester entre "gens de bonne famille". Sans le montrer ouvertement Jane Austen produit une vraie critique de la société anglaise de son époque ou tout du moins une description plaine de drôlerie et de cynisme. Le style - et c'est hautement important le style dans un livre - n'est ni maniéré ni fleur bleue. Pour résumer simplement, ce livre, à mon sens, est très bien écrit. On ne s'ennuie jamais et Jane Austen nous emporte littéralement dans son univers.

J'ai donc passé un trés agréable moment lorsque j'ai lu cet ouvrage. Un bémol néanmoins, si vous n'aimez pas les histoires d'amour, les robes à froufrou et l'ambiance des bals du 18 ème, passez votre chemin, ce livre n'est pas fait pour vous.

Sinon, courez vite à la bibliothèque et en passant prenez donc aussi "Raison et Sentiments" du même auteur.

 

signé Leiloune.