mercredi, 22 avril 2009
Les amants de la mer rouge
Les amants de la mer rouge est le premier roman d'Addonia Sulaiman Smy. L'histoire est assez simple ; Naser a émigré d'Erythrée vers l'Arabie Saoudite étant enfant pour fuir la guerre. Son frère et lui ont été recueillis par leur oncle. Tandis que son frère s'adapte très vite à cette nouvelle vie, Naser lui se sent en permanente contradiction avec cette société qui musèle les femmes en les cachant sous de grands voiles opaques et qui fait régner l'ordre à coup de menaces de châtiments divins et grâce à l'omniprésence de la police religieuse.
Un jour une ombre fait tomber un bout de papier à ses pieds ; il s'agit d'une déclaration d'amour. Va débuter une histoire d'amour interdite où les deux amoureux vont devoir braver tous les dangers dans un monde où la femme doit vivre caché et où l'amour n'a plus sa place.
Je dois être honnête avec vous cher lecteurs, en vous avouant que je n'aurais jamais lu ce livre de moi-même. Le côté témoignage un peu larmoyant et à l'eau de rose m'en aurait dissuadé. Mais voilà, un gentil site et un gentil éditeur m'ont proposé de le lire et de donner mon avis .... ça ne se refuse pas ! Je garantis donc ici ma complète objectivité quant à cette lecture et j'espère que l'on me refera à nouveau confiance pour ce genre de collaboration. J'ai pris le temps cette fois de vous parler de ce qui m'a amené à lire ce livre mais je ne le ferais pas systématiquement car je crois que ce qui compte avant tout, c'est la critique et les émotions littéraires...
Passons donc à l'essentiel, c'est à dire le roman. L'histoire d'amour décrite dans le livre est assez classique tant par son déroulement que par son épilogue. On a affaire à une belle grande histoire d'amour contrarié assez bien menée grâce au parti pris épistolaire de l'auteur et à son côté oriental( malgré tout un peu trop sucrée et pleine d'envolées lyriques à mon goût). Néanmoins, et c'est là que ça devient intéressant, elle m'a semblé être une manière d'aborder des sujets beaucoup plus graves et profonds tels que la condition de la femme au moyen-orient, la place de la religion dans une société et bien sûr les dérives islamistes.
Le livre décrit très bien la négation de la femme dans son identité même et l'obligation de soumission des saoudiens à ces pratiques sous peine de flagellation, lapidation ou pire d'exécution. L'auteur retranscrit assez bien le sentiment de frustration qui en découle pour de nombreux hommes qui se tourne alors vers des pratiques homosexuelles afin de pallier le manque de sexualité et plus simplement d'amour.
Sans être un chef d'oeuvre, ce roman simple d'accès a donc le mérite de donner à voir une réalité souvent cachée. La religion musulman
e n'y est jamais stygmatisée mais ce sont ses dérives qui y sont décrites, quand le pouvoir des hommes prend pas sur la foi de la majorité des croyants voire s'en sert à d'autres fins.
Il me semble que ce roman devrait plaire à la fois aux amateurs d'histoires d'amours et de "récits vrais". Pour ceux chez qui cette lecture a donné envie d'aller plus loin dans l'analyse des problèmes du moyen orient ou qui veulent en savoir plus sur l'Islam, je recommande la lecture des ouvrages de Yasmina Khadra (voir archives romans français)et du livre Le dictionnaire de Dieu de Pierre Chavot.
Signé Leiloune
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dimanche, 05 avril 2009
La Vague : le livre et le film
Le roman
"La Vague" de Todd Stasser est tiré d'une histoire s'étant déroulée dans un lycée américain durant les années 70. Lors d'un cours sur la 2de guerre mondiale, un enseignant veut faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves. Devant leurs difficultés, il va leur faire vivre une expérience plus qu'originale en créant un mouvement basé sur la dicipline, l'obéissance et l'esprit de groupe. En quelques jours, les élèves et leur professeur pris dans une spirale qui leur échappe se transforment petit à petit en fascistes en herbe.
Ce roman dérangeant montre au lecteur comment chaque individu possède en lui une part d'aveuglement même face à un système totalitaire. On entend souvent dire de nombreuses personnes "moi pendant la guerre, je n'aurais pas dénoncé de juif ; j'aurais été résistant".Le contraire leur est impensable. Et pourtant .... ce livre nous démontre et ce de manière implacable, exactement le contraire. La force du groupe, la facilité de l'obéissance, la difficulté de se démarquer d'un ordre établi peut annihiler le libre arbitre de chacun d'entre nous.
La Vague, d'un point de vue pédagogique est donc un excellent roman mais ses qualités ne s'arrêtent pas là. En effet, Todd Strasser en nous imergeant complètement dans son récit, nous invite à découvrir également tout un microcosme vu de l'intérieur. On s'attache à ces lycéens, ils sont admirables, agacants, émouvants rendant l'expérience encore plus déstabilisante.
Ce roman est donc une vraie découverte et devrait à mon sens figurer au programme le l'éducation nationale comme c'est le cas en Allemagne. Le fascisme n'est pas une maladie allemande ... A lire donc par les adolescents mais aussi par les plus grands. Un livre de salubrité publique.
Le film
Le film est un peu différent du livre puisqu'il se passe de nos jours en Allemagne. Un groupe d'élève suit un cours sur l'autocratie lors d'une semaine de projet pédagogique. Ensuite, l'histoire est à peu près semblable si ce n'est la fin qui est complètement différente mais je n'en dirais pas plus.
J'ai été déçu par cette adaptation cinématographique dont je l'avoue j'attendais beaucoup. Le fait d'avoir changé le lieu et l'époque, quoique un peu déstabilisant au départ s'avère au final être plutôt une bonne idée en ce sens où cela modernise le récit. Néanmoins, à vouloir choquer et provoquer une vraie réaction chez le public, le réalisateur se perd en route et rend le film trop démonstratif et par conséquent beaucoup moins crédible. Le spectateur a tendance à se sentir moins concerné que dans le livre.
A voir donc mais plutôt par curiosité en prolongement du livre. Dommage ...
Signé leiloune
23:45 Publié dans Romans étrangers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 27 mars 2009
La solitude des nombres premiers
La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano est un excellent livre récompensé en italie par le prix Strega et bientôt adapté au cinéma.
L'auteur nous raconte le destin de deux personnages aussi désespérés et atypiques qu'attachants. Tout d'abord, il y a Matti, traumatisé dans son enfance par la disparition de sa soeur jumelle, il s'est construit dans une sorte d'autisme et de génie mathématique. Alice, quant à elle, incarne une sorte de désespoir permanent. Boiteuse, elle tombe vite dans l'anorexie et se coupe du monde. Ces deux là vont se rencontrer au lycée et Matti va sentir rapidement qu'ils sont liés l'un à l'autre par une sorte de fil invisible. Débute alors, sur de nombreuses années, une relation faite d'amour, d'amitié, de rejet mais surtout de souffrance partagée ou cachée.
Paolo Giordano parvient dans ce récit à nous faire véritablement ressentir les émotions de ses personnages. Ils sont tour à tour attendrissants, agaçants ou émouvants et très vite le lecteur s'attache à leurs pas et a envie de partager ce long chemin tortueux avec eux.
La souffrance est permanente dans ce livre et pourtant tout en palpant au plus près toutes ces émotions, la lecture n'est pas difficile ou pesante. Au contraire, le style de l'auteur de part sa fluidité et sa pudeur nous embarque avec lui sans nous "traumatiser" ou nous déstabiliser (en tout cas pas trop ...). Les thèmes ne peuvent évidemment pas laisser tout à fait indifférent puisqu'il est ici surtout question de recherche de soi tout en vivant avec les autres et non pas à côté. Giordano réussit à aborder des sujets assez familiers et classiques tout en nous les rendant originaux de part des les trajectoires singulières de ses personnages et évite ainsi l'écueil du bien pensant un peu naïf et psychologisant.
Un livre à découvrir donc sans hésiter, en ce qui me concerne je l'ai lu d'un seul souffle tellement j'étais happée par l'histoire.
Signé Leiloune
11:11 Publié dans Romans étrangers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 27 juillet 2006
Arto Paasilinna
J'ai découvert l'écrivain finlandais Arto Paasilinna, il y a quelques semaines et je dois avouer que je suis vite devenue fan. J'ai donc décidé de vous le présenter en espérant que vous aussi vous l'apprécierez (pour les autres tant pis pour vous ....)
LA BIOGRAPHIE DE ARTO PAASILINNA
Né à l'arrière d'un camion, en pleine fuite des allemands, Arto Paasillina traverse la Norvège, puis la Suède pour finir en Laponie finlandaise. Dès 1955, il exerce des métiers manuels comme celui de bûcheron ou d'ouvrier agricole mais suit, quelques années plus tard, des cours d'enseignement général à l'Ecole supérieure d'éducation populaire de laponie. Il commence à écrire en devenant stagiaire dans un quotidien régional. Entre collaboration à la rédaction de divers journaux et revues littéraires, et l'écriture de romans tels que 'Le lièvre de Vatanen' (1993) ou 'Le fils du dieu de l'orage' (1995), il trouve encore le temps de composer des scénarii pour le cinéma et la télévision. Les thèmes récurrents comme celui de la fuite, des personnages singuliers et un art de la répétition qui n'appartient qu'à lui font toute l'originalité de ses oeuvres. Cet auteur prolifique et brillant est devenu une figure emblématique et incontournable de la littérature finlandaise, et est parti pour gagner la reconnaissance d'un public international.
Ses livres
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Le premier livre que j'ai lu de ce cher petit arto s'intitule La douce empoisonneuse et raconte les tristes aventures d'une veuve de colonel. Cette brave petite vieille dame, donc coulerait des jours heureux si elle ne possédait pas dans sa famille un neveu malhonnète, alcoolique et violent. Ce neveu en question soutire à la colonnelle de l'argent tous les mois et vient à chaque fois mettre sa modeste maison à sac jusqu'au jour où la petite vieille pas si douce que ça décide de mettre fin à cette tyrannie et de se venger. Elle va donc apprendre l'art du poison grâce à un ami médecin. Jusqu'au moment où tout va lui échapper ......
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Le dernier en date que je viens de terminer est Un homme heureux , toujours d'Arto Paasilinna (logique ma chronique lui est dédié !!! hihihi!). On suit le calvaire puis la vengeance lente et calculée d'un ingénieur en ponts et chaussée qui arrive dans une ville provinciale pour exécuter des travaux au compte de l'état. Tout le village se ligue contre lui jusqu'à le faire tout bonnement renvoyer de son poste. Mais l'ingénieur n'a pas dit son dernier mot ...
Les livres de Arto Paasilinna sont un régal d'originalité, de fraicheur et de cynisme. L'humour y est partout présent et toujours grinçant à souhait. Ses récits sont en général assez courts et se lisent donc rapidement et avec facilité. L'auteur traite de thèmes récurrents tels que la province et ses joies sans fin, l'ouverture d'esprit de certains provinciaux (également une joie sans fin!), la vengeance, la solitude et la capacité des êtres humains à la méchanceté et à la bassesse d'esprit.
Je les conseille vraiment donc à tout le monde gros lecteurs et petits lecteurs, de 16 à 77 ans.
Signé Leiloune
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