jeudi, 16 juillet 2009
Rêves de garçons de Laura Kasischke

L'histoire de Rêves de garçons est simple : 3 jeunes pom-pom girls s'échappe de leur camp d'été pour aller prendre un peu de bon temps et se baigner dans un lac réputé pour être le plus profond de l'état . En chemin, elles croisent 2 garçons et l'une d'entre elle (la narratrice) va leur sourire . Les adolescents émoustillés vont les suivre jusqu'à ce qu'elles les perdent de vue et rentrent au camp, déstabilisées . L'impression d'être épiée va peu à peu s'emparer d'elle et leurs vacances se transformer en cauchemard.
Laura Kasischke nous plonge ici dans une Amérique loin des clichés habituels avec un talent que beaucoup compare à celui de Joyce Carol Oates tant les sujets de préoccupation de ces 2 auteures semblent se rejoindre.
En apparence, ces jeunes filles sont heureuses, plutôt à l'aise financièrement, en réussite sociale et scolaire ; bref des adolescentes épanouies et sans problèmes. L'auteure, elle, gratte sous le costume de cheerleader et nous montre une toute autre réalité faite de diktat des apparences, d'angoisses profondes et de libération sexuelle pas si assumée et comprise qu'il n'y paraît.
L'angoisse et la perte de repères des héroïnes nous sont transmises au fil des pages grâce à une narration épurée, au plus près des émotions des protaganistes et de leurs attitudes. La narratrice quant à elle, semble de plus en plus perdue au fur et à mesure qu'une sorte de paranoïa et de défiance s'emparent des personnages jusqu'au dénouement final glaçant et perturbant autant qu'innatendu. Les événements racontés permettent à Laura Kasischke de s'approcher au plus près de la psychologie de ces adolescentes en perpétuelle défiance par rapport au monde des adultes et à la place qu'on leur a attribué dans la société. La violence, qu'elle soit sociale, morale ou physique semble ainsi faire partie intégrante de ce monde qui ne tourne plus tout à fait rond
Signé Leiloune
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samedi, 11 juillet 2009
Je ris ...
C'est l'été, le farniente, la plage, les siestes champêtres ... je n'avais donc plus le choix, il fallait que je parle de livres estivaux. Crises d'angoisse, sueurs froides : le spectre de la page blanche s'offait à moi ... Non, non et non, je ne parlerais ni de Marc, ni de Guilaumme, ni de Douglas !
Et puis, un verre de jus de pomme bien frais à la main et les 500 degrés dégagés par mon joli ordinateur portable m'ont apporté l'inspiration ...
Aujourd'hui, petite chronique autour de la littérature drôle (je viens d'inventer le terme). En clair, quelques livres qui m'ont fait rire et c'est déjà pas mal ... Néanmoins, pour les puristes, je tiens à dire que le critère principal est un humour léger et efficace donc je risque de mélanger quelque peu les genres mais comme dirait l'autre, la littérature est une grande famille ...
Misérable Miranda d'Isabel Wolfe : Le sujet du livre fait déjà sourire ; les mésaventures amoureuses d'une psy pour animaux ou variation autour du thème, c'est le cordonnier qui est toujours le plus mal chaussé. L'auteur nous embarque dans une suite d'évènements cocasses et délirants ou le lecteur n'a pas une minute de répit. C'est certes assez convenu et basique parfois mais véritablement très efficace ...
Wilt 1 de Tom Sharpe : professeur raté, mari désabusé, citoyen dont la molesse n'a d'égale que son goût pour la bière, décide un jour de supprimer sa chère épouse. L'auteur manie à merveille le second degré et croque ici une vision drôle et cynique de la société anglaise où personne n'est épargné et où la petite bourgeoisie et la société de consommation sont décrites sans concession.
Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis : Attention, bijou d'écriture, d'humour et d'intelligence ! L'auteur raconte l'évolution de l'homme en nous narrant les frasques d'une famille préhistorique de la découverte du feu et la mise en pratique de l'exogamie. Hilarant de la première à la dernière page, ce roman est à mettre entre toutes les mains.
L'épopée du buveur d'eau de John Irving : Variation autour des mésaventures d'un homme obligé de boire des litres d'eau du fait d'un canal urinaire trop étroit. Irving, nous régale une fois de plus de son humour inimitable et l'on plonge avec délice danc cet univers où les perdants deviennent des héros.
Le Montespan de Jean teulé : L'auteur reprend ici les codes du roman historique afin de raconter la vie du mari de La Montespan, célèbre favorite du Roi-Soleil. Comme à son habitude, il manie une verve inimitable et un humour noir sans concession. Un bonheur d'écriture, de cocasserie et d'humour souvent à la limite du pathétique.
Signé Leiloune
13:08 Publié dans Melting pot | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 01 juillet 2009
Darling de Jean Teulé
Comme certains d'entre vous l'ont peut-être deviné, je suis une grande admiratrice de Jean Teulé. J'ai donc décidé de m'atteler à la lecture de toute sa bibliographie (aucune exception ne sera tolérée ...) et commence aujourd'hui par vous présenter son roman Darling.
L'histoire de Darling est simple : la descente aux enfers d'une femme dont l'enfance la prédestinait déjà à une vie de violence ("je suis née dans la merde" sens littéral du terme bien sûr). Cette Catherine existe vraiment puisque le récit romancé de sa vie est entrecoupé d'extraits d'entretiens que l'auteur a réalisé avec elle.
Catherine naît en Normandie dans une famille de paysans, ses parents ont déjà 2 fils et sa mère sait dès la grossesse qu'elle n'aimera pas cet enfant non désiré. La petite fille, bientôt surnommée Tartine du fait de son poids, grandit dans un environnement de violence, de mépris et d'insultes quotidiens. Elle ne survit que grâce à sa CB qui lui permet de parler aux routiers - objets de tous ses fantasmes - qui passent sur la nationale à côté de chez elle. Un jour, elle va s'enfuir avec l'un deux et le cauchemard va devenir insoutenable.
Disons le dès à présent, ce livre - quoique très réussit - raconte des faits qui frôlent parfois l'insoutenable. La violence voire la torture sont présentes à chaque page et l'empathie que l'on ressent pour Darling rend les choses encore plus difficiles. A mon sens, le plus choquant dans ce que nous livre l'écrivain ce ne sont pas tant les violences physiques et sexuelles subies mais bien la violence morale présente en permanence et exercée par l'entourage proche bien sûr mais aussi par les voisins, les connaissances voire par la société toute entière à certains moments. Il semble régner dans la microsociété dans laquelle elle grandit une sorte d'archaïsme, de primitivité, et je me suis surprise plusieurs fois à penser que j'avais affaire là plus à des animaux ou à des individus ayant grandit dans une totale acculturation qu'à des êtres civilisés.
Mais la force du livre se trouve justement là : pas de procès d'intention, pas de tentative d'explication sociale ou psychologique et surtout pas de pathos ou d'envolées dramatiques. Jean Teulé part quasiment d'un fait divers et crée une véritable oeuvre littéraire grâce entre autres à son style sans concession, parfois cynique (voire drôle !), souvent cru mais jamais vulgaire. Il maîtrise parfaitement son récit et malgré les souffrances décrites, il raconte les errements de son héroïne avec une sincérité parfois déconcertante, il ne tombe ni dans l'éxagération ni dans l'atténuation (notamment des erreurs qu'elle a pu commettre).
Un excellent ouvrage de Jean Teulé qui amêne à se poser des questions, sur l'Homme et sur la prédestination de la condition humaine même si il n'est pas à conseiller à tout le monde.
Signé Leiloune
16:13 Publié dans Romans français | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 20 juin 2009
Le Monde de Fabrice Colin
Fabrice Colin est né en 1972. D'abord collaborateur pour des revues spécialisées dans les jeux de rôles, il se lance ensuite dans l'écriture. Son premier roman "Neuvième cercle" sort ainsi en 1997. S'ensuit de nombreux autres romans et nouvelles pour lesquels il obtient trois fois le Grand Prix de l'imaginaire.
Parallèlement à son travail d'écrivain pour adultes, il s'illustre dans la littérature pour la jeunesse et l'écriture de scénarios de bande dessinée ; devenant ainsi un des auteurs -selon moi- les plus prometteurs de sa génération avec déjà une oeuvre très florissante.
Découvrons 3 de ses oeuvres pour la jeunesse ...

La Malédiction d'Old Haven
"Il est un trait qui nous distingue, nous les Wickford, du commun des mortels : nous ne savons pas nous soustraire au destin. "
Tout commence par l'arrivée de Mary, jeune orpheline, dans le monde, après 17 années passées dans un couvent auprès des soeurs qui l'y ont recueillit. Elle décide de se rendre à Boston pour commencer une nouvelle vie mais après une escale dans le village d'Old Haven, elle décide de s'y établir comme attirée malgré elle par ces lieux. C'est le moment pour Mary de faire face à son destin et de découvrir ses origines. Descendantes d'une lignée de puissantes sorcières, de nombreux dangers l'attendent en ces temps troublés ...
Ce roman est formidable, que cela soit dit ... Dans un style sans faille, Fabrice Colin nous emmène dans un 18ème siècle et une Amérique étrangement familiers et paradoxalement complètement différents. Il pousse le lecteur à abandonner tous ses repères pour se fondre dans ce nouveau monde où sorcières, dragons, pirates, sociétés secrêtes et empereur fou se croisent et à suivre pas à pas l'héroïne dans l'accomplissement de sa destinée.
On ne s'ennuie pas une seule seconde tant l'univers est riche et complexe. Emplie d'une certaine noirceur parfois, ce roman ne vous laissera pas indifférent.

L'auteur raconte ici l'histoire d'un des personnages secondaires - mais très important - de la Malédiction d'Old Haven. Thomas, jeune garçon élevé par le terrible pirate Wild stark, s'enfuit seul en mer lorsque ce dernier est pendu. Il va devenir prisonnier des fonds marins où vivent les âmes de nombreux pirates. Il réussira à s'en sortir de nombreuses années plus tard mais y laissera sa mémoire. Il deviendra alors l'assistant d'un grand scientifique qui va l'initier à la magie des Dragons ...
Pouvant se lire indépendamment de la Malédiction d'Old haven, ce roman nous apporte un autre éclairage sur ce monde attisé par de nombreuses tensions. Mêlant habilement histoire et folklore de la piraterie et univers fantasy peuplé de dragons, Fabrice Colin signe là un passionnant roman placé sous le signe de l'aventure, de la recherche de soi, de l'amitié et de la rédemption.
Le livre des Monstres
Carnet de voyages pas comme les autres, Fabrice Colin livre ici un très réussit bestiaire légendaire où le contenu autant que le contenant est très soigné.
Signé Leiloune
Pour en savoir plus sur cet auteur, voici l'adresse de son blog : http://fabrice-colin.over-blog.com/
01:10 Publié dans Livre pour la jeunesse et cie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 19 juin 2009
Serial killers
Une chronique un peu particulière aujourd'hui puisqu'il va y être question de tueurs en série.
En effet, venant de terminer la lecture du roman L'âme du mal de Maxime Chattam (que je chroniquerais une fois la trilogie terminée) et m'apprêtant à commencer celle de La forêt des ombres de franck Thilliez, j'ai eu l'idée non pas de vous faire partager mon avis sur différents romans du genre thriller mais de vous parler de deux livres écrits par des spécialistes des serial killers.
Films, séries, romans, jeux vidéo, télévision ; les médias s'emparent depuis quelques années de ce sujet ô combien fascinant qu'est le tueur en série (et plus globalement le faits divers) et l'intérêt du public semble croître à mesure que le discours se fait plus réaliste, plus dérangeant. Grande amatrice moi-même de romans gore, de la série "Esprits criminels" ou de l'émission "Faites entrez l'accusé", je ne vais pas dénigrer cet élan de curiosité .
Néanmoins, il m'a semblé intéressant d'aller plus loin en essayant de déméler la réalité de la fiction mais surtout de tenter d'aborder d'un point de vue scientifique et sociologique la question de cette forme de criminalité particulière. Il existe de nombreux livres traitant deu sujet mais deux d'entre eux ont attiré mon attention de part leur sérieux et leur documentation rigoureuse. Ici, pas de fascination morbide mais une tentative de compréhension et d'explication de ce qui pousse un individu d'apparence normale à devenir un monstre sanguinaire.
Ma vie avec les serial killers, secrets de profileuse de Helen Morrison (petite bibliothèque Payot)
Dans ce livre, l'auteure, experte en criminologie notamment auprès du FBI, nous dévoile au travers de différents portraits les rencontres qu'elle a pu vivre avec de nombreux tueurs tout au long de sa carrière. Elle raconte les meurtres mais également la personnalité de ceux qui les ont commis, leur manière d'appréhender la société qui les entoure et bien sûr leur enfance. Tous intéressants - des plus célèbres aux plus confidentiels- ces portraits nous montrent la vision qu'ont les tueurs en série de l'humain et de leur propre parcours. Helen Morrison s'attache à essayer de comprendre les mécanismes qui poussent à tuer notamment en comparant les différents profils psychologiques des criminels qu'elle étudie. Je mettrais tout de même un petit bémol quant à la fin de l'ouvrage. En effet, l'auteure nous y faire part de sa thèse d'un déterminisme génétique chez les tueurs en séries qui à la fois de ne m'a pas convaincu outre mesure et m'a semblé potentiellement dangereux. Néanmoins, le reste de l'ouvrage est intéressant notamment du fait qu'Helen Morrison ne se contente pas de dresser des portraits mais s'attache à nous faire part des differents questionnements qui se posent à elle tout au long de son parcours.
Serial killers, enquête sur les tueurs en série de Stéphane Bourgoin (Grasset)
Ce livre est absolument passionant notamment de part sa construction. En effet, trois parties dont une annexe le composent.
L'auteur commence par la génèse de ce qu'est un tueur en série : définitions, statistiques, focus sur certains points communs ou au contraire particularismes ... Les différentes analyses sont intéressantes car toujours accompagnées de statistiques qui donnent un caractère véritablement scientifique et travaillé au tout. La lecture de tous ces tableaux remplis de chiffres peut paraître rébarbative de prime abord mais s'avère indispensable si l'on veut mieux appréhender la question de la psychologie des tueurs en séries et des constantes dans leurs actions. De plus, Stéphane Bourgoin nous y expose les diffrérents moyens institutionnels mis en oeuvre dans certains pays ainsi que les méthodes employées par les services de police et les analystes comprtementaux pour mettre fin aux crimes commis par des tueurs en série. La deuxième partie est constituée de différents portraits de serial killers que l'auteur est parti rencontrer dans le monde entier. Elle éclaire la première partie en donnant des exemples factuels qui mettent en lumière l'analyse faite précédemment. Enfin, un dictionnaire bibliographique des tueurs en série accompagne le tout permettant au lecteur désireux d'aller plus loin de savoir quels ouvrages traitent de quels criminels en particuliers.
Un livre absolument passionnant que je recommande donc à tous ceux qui voudraient complèter la lecture de Maxime Chattam ou le visionnage du Silence des Agneaux par une analyse réaliste et en profondeur.
Juste un dernier mot : âmes sensibles s'abstenir, sachez que la réalité dépasse malheureusement souvent la fiction et que l'âme humaine est parfois emplie d'une noirceur déstabilisante...
Signé Leiloune
00:04 Publié dans Romans Policiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 12 juin 2009
Les Beresford
Les Beresford est une série de 5 livres écrite par Agatha Christie et mettant en scène Tommy et Tuppence (ou Prudence) Beresford, un couple de détectives. Au fil de ces romans, de nombreuses affaires criminelles nous sont racontées mais également la vie des Beresford, de leur jeunesse à leur vieillesse, les rendant aux yeux du lecteur-ou plutôt de la lectrice- très attachants. Contrairement à Hercule Poirot qu'Agatha Christie avouait ne pas aimer, on sent dans ces récits une vraie affection de l'auteure pour ces personnages au flegme typiquement anglais et à l'intrépidité et à la curiosité constantes. Elle en fera d'ailleurs les héros de son deuxième roman mais surtout de son dernier.
Mr Brown
Un jour, à Londres, Tommy et Tuppence, deux amis d'enfance se croisent par hasard au détour d'une rue. Chacun parle de sa situation actuelle et ils se rendent vite compte que tous deux sans emploi, ils connaissent les mêmes difficultés. Tuppence émet alors l'idée de faire passer dans le journal une annonce afin de trouver un travail où l'aventure serait au rendez-vous. Ils ne se doutent pas qu'un homme les écoute et semble très intéressé par leur projet et que bientôt, ils vont se retrouver au sein d'un mystérieux complot orchestré par un certain Mr Brown, personnage aussi discret que machiavélique.
Cette première aventure est un vrai plaisir de lecture. On y découvre le couple Beresford et une fois de plus Agatha Christie nous prouve son talent de reine du crime. Personnages mystérieux, jeune fille amnésique, riche américain, documents menacant la Couronne, rebondissements en tout genre, il faudra aller jusqu'à la dernière page pour découvrir qui diable peut se cacher derrière le nom de Mr Brown !
Le crime est notre affaire
Les Beresford sont engagés par le gouvernement pour occuper la place d'un détective privé et déjouer un mystérieux complot. Ce roman occupe une place à part dans l'oeuvre d'Agatha Christie puisqu'il ne s'agit pas ici d'une seule affaire mais d'une multitude de cas confiés à nos deux détectives en herbe. L'auteur manie l'humour et l'auto dérision à merveille et n'hésite pas à parodier les écrivains de roman policier, y compris elle-même. Déroutant par sa forme au début, ce roman s'avère une vraie réussite et fait partie de ces ouvrages qu'on a envie de lire d'une seule traite, en pyjama, une tasse de thé à proximité et de nombreux coussins autour de nous ...
N ou M ? - Mon petit doigt m'a dit
Je ne les ai pas encore lu donc n'hésitez pas à laisser vos avis sur le blog ...
Le cheval à Bascule
En rangeant des livres dans le grenier de sa nouvelle maison, Tuppence tombe sur un message codé remettant en cause la mort naturelle d'une enfant dont la tombe se trouve dans le cimetière du village. Les Beresford vont une fois de plus laisser parler leur penchant pour les mystères et tenter de découvrir la vérité. Mais le drame n'est pas loin ...
On retrouve avec plaisir nos chers Tommy et Tuppence avec quelques années de plus mais toujours aussi curieux, drôles et soucieux de la vérité. Une affaire complexe comme seule Agatha Christie sait les écrire rend cette nouvelle aventure agréable à lire même si ma préférée reste Mr Brown.
Signé Leiloune
18:05 Publié dans Romans Policiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 10 mai 2009
Le roman d'amour
Un article un peu particulier aujourd'hui puisque je ne vais pas vous parler d'un livre mais d'un genre littéraire aussi décrié que populaire. Si ce type d'approche vous plait, je la renouvellerais occasionellement.
A mon sens , on ne peut pas parler du roman d'amour comme d'un genre littéraire homogène, mais plutôt comme d'un type de roman qui se décline sous diverses formes romanesques. Je n'ai pas la prétention, ici de faire une étude littéraire de spécialiste, il se peut donc que je comette quelques petites erreurs de typologie ; je m'en excuse par avance.
Le roman d'amour épique
Je commence par ce qui va sembler le plus rébarbatif à certains d'entre vous de part le côté scolaire qu'il évoque. Tristan et Iseut me paraît être le meilleur exemple de ce type de roman car l'un des plus accessibles. On m'a "obligé" à le lire au lycée et .... j'ai adoré. Symbole de l'amour impossible et contarié, Tristan et Iseut constitue un récit absolument captivant que l'on se plait à relire pour en comprendre toute la finesse et la force de narration. Ce mythe est d'autant plus intéressant qu'il est intimement lié à une époque et à une pensée tout en revêtant grâce à son histoire d'amour et à la réaction humaine face à celle-ci une réèlle d'universalité.
Le roman d'amour autobiographique
Manon Lescaut de l'Abbé Prévost narre les aventures du Chevalier Des Grieux (incarnation de l'auteur), petit "fripon"(Montesquieu) de la bonne société et Manon Lescaut, une prostituée. Nos héros vont s'aimer malgré les Hommes et la société qui les condamnent et vont finir par être déportés en Amérique où ils vont essayer chacun de s'extraire de leurs vices pour entamer une nouvelle vie.
Ce roman où le sentiment amoureux est synonyme de transgression et de rédemption est un bijou de description psychologique, de rebondissements romanesques et de grands sentiments sans jamais tomber dans l'idéalisme ou la niaiserie. Les héros, sont décris avec leurs faiblesses et défauts et n'en sont que plus attachants, sans cesse écartelés entre la pureté de leurs sentiments et la fatalité de leur destinée.
Le roman d'amour historique
Un long dimanche de fiancailles de Sébastien japrisot : Mathilde et Manech s'aiment depuis leur plus tendre enfance. En 1917, Lui est mobilisé et part faire la guerre tandis qu'elle, l'attend. Mais Manech ne revient pas et Mathilde va mettre toute l'énergie du désespoir à retrouver son amour disparu. Roman bouleversant, Japrisot nous fait vivre pas à pas la quête obstinée et semée de mensonges et d'embûches de Mathilde et au travers de personnages magnifiques de sensibilité et d'humanité nous emmène dans l'horreur des tranchées et de la guerre puis dans le début des années folles.
Le roman d'amour féminin
L'amour est à la lettre A de Paola Calvetti raconte l'histoire d'Emma, propriétaire d'une librairie spécialisée dans les romans d'amour qui va retrouver son amour de jeunesse à présent marié et père de famille et entamer avec lui une relation épistolaire synonyme de renaissance de l'amour.
Bons sentiments, amour contrarié, petites blagues du destin; tout y est ! Je suis loin d'être fan de ce genre de livre - surtout de celui là que j'ai trouvé plein de lourdeurs - mais j'ai choisi de vous en parler malgré tout car c'est grâce à l'héroîne et à sa librairie spécialisée que j'ai eu l'idée de cet article et qu'il pourra plaire magré tout aux aficionados du genre.
Dans le genre, préférez Françoise Bourdin et ses grandes sagas ou Nora Roberts et ses histoires impossibles.
Je pourrais parler évidemment de nombreux autres sous genres, comme la chick-litt, le roman d'amour fantastique .... En effet , le roman sentimental - et c'est là toute sa force - sait reprendre les codes d'autres genres littéraires pour enrichir et diversifier sa propre narration. Il y en a donc pour tous les goûts et dans chaque catégorie on trouvera le pire comme le meilleur. Il existe trois grands prix pour ce genre de romans en france, n'hesitez donc pas à vous y référer.
Voici quelques très bons livres dont je n'ai pas parlé plus haut par souci de longueur d'article mais dont pour certains vous trouverez dans les archives, un article qui y est consacré ...







Signé leiloune
15:25 Publié dans Melting pot | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 04 mai 2009
Les monstres de Templeton
"Le jour où je revins à Templeton, en pleine disgrâce, le cadavre d'un monstre mesurant près de seize mètres émergea à la surface du lac Glimmerglass ". Ainsi s'ouvre Les Monstres de Templeton, un roman qui balaie deux siècles d'histoire : celle d'une jeune fille à la recherche de son père, et celle d'un village, ancrée dans l'Amérique profonde, au milieu des légendes et des secrets de famille. A la suite d'une déconvenue amoureuse, Willie Upton frappe à la porte de la vieille demeure où vit encore sa mère, Vivienne, ancienne hippie devenue baptiste fervente sur le tard... Au lieu du réconfort qu'elle vient y chercher, Willie trouve le village sens dessus dessous, chamboulé par l'apparition d'un animal démesuré, et découvre un terrible mensonge : son père existe bel et bien, elle n'est pas le fruit hasardeux des amours libres de sa mère, mais bien la fille d'un homme connu et reconnu dans Templeton. Lancée dans une enquête à rebondissements pour retrouver son père, elle part sur la trace de ses ancêtres et reconstitue la fabuleuse généalogie qui mène à son histoire. "
Les monstres de Templeton, premier roman de Lauren Groff, est un livre assez inclassable. L'auteur y mèle roman historique et comédie de moeurs et soupoudre le tout d'un peu de fantastique, de jolis sentiments et de beaucoup de cynisme et d'humour.
Les descriptions des personnages sont vraiment réussies et on arrive à les imaginer sans mal tant ils sont caricaturaux et singuliers à la fois. La mère de l'héroïne et son amant sont vraiment très drôles et le lecteur éprouve souvent de la peine à voir cette pauvre Willie Upton se débattre dans ces histoires de familles bien compliquées parfois.
L'autre atout du roman, mis à part le talent de portraitiste de l'auteur, est de faire pleinement participer le lecteur à cette frénétique recherche généalogique. En effet, photos de familles, journaux et archives familiales rythment le récit de Willie et donnent un côté docu fiction au livre, ce qui lui donne pleinement son originalité.
Les monstres de Templeton constitue donc une vraie réussite qui donne envie de visiter cette drôle de petite ville de templeton et grâce à elle de voir se dérouler toute une partie de l'histoire américaine ...
signé Leiloune
16:36 Publié dans Romans anglo-saxons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 22 avril 2009
Les amants de la mer rouge
Les amants de la mer rouge est le premier roman d'Addonia Sulaiman Smy. L'histoire est assez simple ; Naser a émigré d'Erythrée vers l'Arabie Saoudite étant enfant pour fuir la guerre. Son frère et lui ont été recueillis par leur oncle. Tandis que son frère s'adapte très vite à cette nouvelle vie, Naser lui se sent en permanente contradiction avec cette société qui musèle les femmes en les cachant sous de grands voiles opaques et qui fait régner l'ordre à coup de menaces de châtiments divins et grâce à l'omniprésence de la police religieuse.
Un jour une ombre fait tomber un bout de papier à ses pieds ; il s'agit d'une déclaration d'amour. Va débuter une histoire d'amour interdite où les deux amoureux vont devoir braver tous les dangers dans un monde où la femme doit vivre caché et où l'amour n'a plus sa place.
Je dois être honnête avec vous cher lecteurs, en vous avouant que je n'aurais jamais lu ce livre de moi-même. Le côté témoignage un peu larmoyant et à l'eau de rose m'en aurait dissuadé. Mais voilà, un gentil site et un gentil éditeur m'ont proposé de le lire et de donner mon avis .... ça ne se refuse pas ! Je garantis donc ici ma complète objectivité quant à cette lecture et j'espère que l'on me refera à nouveau confiance pour ce genre de collaboration. J'ai pris le temps cette fois de vous parler de ce qui m'a amené à lire ce livre mais je ne le ferais pas systématiquement car je crois que ce qui compte avant tout, c'est la critique et les émotions littéraires...
Passons donc à l'essentiel, c'est à dire le roman. L'histoire d'amour décrite dans le livre est assez classique tant par son déroulement que par son épilogue. On a affaire à une belle grande histoire d'amour contrarié assez bien menée grâce au parti pris épistolaire de l'auteur et à son côté oriental( malgré tout un peu trop sucrée et pleine d'envolées lyriques à mon goût). Néanmoins, et c'est là que ça devient intéressant, elle m'a semblé être une manière d'aborder des sujets beaucoup plus graves et profonds tels que la condition de la femme au moyen-orient, la place de la religion dans une société et bien sûr les dérives islamistes.
Le livre décrit très bien la négation de la femme dans son identité même et l'obligation de soumission des saoudiens à ces pratiques sous peine de flagellation, lapidation ou pire d'exécution. L'auteur retranscrit assez bien le sentiment de frustration qui en découle pour de nombreux hommes qui se tourne alors vers des pratiques homosexuelles afin de pallier le manque de sexualité et plus simplement d'amour.
Sans être un chef d'oeuvre, ce roman simple d'accès a donc le mérite de donner à voir une réalité souvent cachée. La religion musulman
e n'y est jamais stygmatisée mais ce sont ses dérives qui y sont décrites, quand le pouvoir des hommes prend pas sur la foi de la majorité des croyants voire s'en sert à d'autres fins.
Il me semble que ce roman devrait plaire à la fois aux amateurs d'histoires d'amours et de "récits vrais". Pour ceux chez qui cette lecture a donné envie d'aller plus loin dans l'analyse des problèmes du moyen orient ou qui veulent en savoir plus sur l'Islam, je recommande la lecture des ouvrages de Yasmina Khadra (voir archives romans français)et du livre Le dictionnaire de Dieu de Pierre Chavot.
Signé Leiloune
01:25 Publié dans Romans étrangers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 13 avril 2009
Quelques albums pour les plus petits
Comme beaucoup d'entre vous ont du le comprendre, j'ai une vraie passion pour la littérature dite jeunesse. Je parle assez régulièrement de livres pour adolescents abordables souvent par tous mais plus rarement de livres pour les plus jeunes. Vous trouverez donc dans cette article quelques albums que je vous recommande vivement à vous papa, maman, tonton, tatie, grand frère, grande soeur ... et à tous les autres qui ont envie de faire un joli cadeau à un enfant ou de redevenir eux-mêmes enfant le temps d'un livre.
Champignon Bonaparte de Gilles Bachelet
Un livre aussi bien pour les grands que pour les petits où l'auteur s'amuse à croquer Napoléon en Champignon dans toutes sortes de situation.
Une vraie oeuvre d'art .
Catalogue de parents de Claude Ponti
Tout est dans le titre ...
le gentil p'tit lapin de Mickaël escoffier
Ou comment des lapins exploités par des loups
dans une usine vont récupérer leur outil de travail et le gérer eux-mêmes. Cet album est très original,
ses dessins sont d'une grande douceur et en plus cela colle à l'actualité...
Tous les cacas de Alex Sanders
Permet aux enfants de satisfaire leur penchant scatologique (et le nôtre)
tout en humour ...

La légende de Despereaux de Bruce foster
Un album pop up retracant le film rempli de magie, de douceur et de poésie.
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