vendredi, 22 mai 2009

Il est comment le nouveau Jean Teulé ?

teulé_.jpgFORMIDABLE !

Voilà, ma chronique est terminée, vous n'avez plus qu'à aller l'acheter ...

Bon d'accord, je développe au peu mon opinion pour vous faire plaisir !

Mangez-le si vous voulezest donc le dernier né de Jean Teulé qui a décidé une fois encore de nous plonger dans les méandres de l'esprit humain.

Nous sommes le 16 août 1870, à Hautefaye. Aujourd'hui, c'est jour de foire et près de 600 personnes sont réunis dans le minuscule bourg périgourdin. l'ambiance est plutôt joviale même si les nouvelles qui arrivent du front prussien sont mauvaises et que la sècheresse épuise les sols, les bêtes et les Hommes. Alain de Monèys, enfant du pays et adjoint au maire d'un village voisin vient comme tous les ans profiter de la foire, d'autant plus que dans deux jours il part à la guerre. Il est connu et apprécié de tous. Malheureusement la folie, la bêtise et la lâcheté humaines, stimulées par l'effet de groupe vont s'inviter dans le village et, deux heures après son arrivée, le jeune homme aura été lynché, torturé, à moitié écartelé et finalement brûlé vif et mangé ...

Ceci est une histoire vraie que Jean Teulé a ressortie des archives pour la raconter sous un jour nouveau. Dans ce court récit incisif, pas de jugement ni d'épanchement sentimental ; juste les faits racontés de manière romancée et ... avec humour. Ce parti pris  pourrait paraître déplacé pour tout autre que Jean Teulé mais l'écrivain français nous prouve une fois de plus son immense talent de raconteur d'histoire. Il maîtrise parfaitement son récit où le second degré et la dérision sont là pour mieux renforcer l'absurdité terrible des faits. Ainsi, il ne tombe jamais dans l'écueil du voyeurisme ou de la fascination perverse même si aucun détail monstrueux ne nous est épargné. Le lecteur retient son souffle tout au long de ces 144 pages passant de la stupeur à l'empathie, du rire au dégoût et pour finir à un peu de honte, car nous avons tous un habitant de Hautefaye en nous ...

Mangez-le si vous voulez est donc un excellent ouvrage que je ne saurais que trop vous conseiller.

 

Signé Leiloune

A l'ouest de l'horizon de Wilbur Smith

ouest_.jpgA l'ouest de l'horizon de Wilbur Smith fait partie d'une saga composée de plusieurs tomes pouvant se lire indépendamment les uns des autres et narrant la vie tumultueuse de la famille courtney, aventuriers dans l'âme et négociants dans les colonies.

"Cap de Bonne-Espérance, début du XVIIIe siècle. En matière de courage, Jim et Mansour n'ont rien à envier à leurs augustes aînés, Tom et Dorian Courtney. Si leurs deux familles sont parvenues à s'établir solidement dans ce comptoir batave, elles le doivent autant à leur indéniable sens du commerce qu'a une solidarité à toute épreuve. Aussi lorsque Jim, n'écoutant que son cœur, dérobe à un navire négrier une jeune et jolie condamnée hollandaise, le clan tout entier n'hésite pas à lui porter assistance. Mais à faire des vagues, la tempête ne tarde pas à gronder au-dessus des Courtney... Ce nouvel affront ne va pas sans réveiller de vieilles rancunes. Précipités en plein conflit, aux confins de l'Afrique et de l'Arabie, les Courtney n'ont guère le choix : il leur faut écrire, encore et encore, le destin d'une famille hors du commun... "

A la fois roman d'aventures, saga familiale et récit historique, ce roman possède tous les éléments pour emporter le lecteur dans les pérégrinations de la famille Courtney. Efficace et plutôt bien écrit, A l'ouest de l'horizon se lit rapidement et avec un réèl plaisir. Rebondissements, coups de théâtre, suspense et intrigues entremêlées permettent de nous tenir en haleine tout en nous plongeant dans un monde véritablement lointain et inconnu, donc intéressant.

Néanmoins, ce récit n'est pas exempt de tous reproches. Tout d'abord, je l'ai trouvé assez "formaté". Les personnages sont très classiques tant dans leur description physique que dans leur caractère. La description des "autochtones" est assez manichéène ; soit ce sont des "bons sauvages", obéissants, travailleurs, instinctifs soit ce sont des sauvages tout court, sanguinaires, triviaux ... L'intrigue, quant à elle - tout en étant très efficace je le reconnais - est de facture assez classique. Wilbur Smith reprend les différentes ficelles de la saga d'aventures sans y ajouter une touche vraiment personnelle ou un peu de modernité et d'originalité.

Enfin - et ce n'est pas un détail - l'ouvrage manque cruellement d'1 ou 2 cartes permettant au lecteur de visualiser les différents lieux de l'action ainsi que leur éloignement les uns  par rapport aux autres. Cela m'a vraiment manqué de ne pas pouvoir situer géographiquement les différents évènements, d'autant plus que beaucoup de noms ont changé depuis le 18ème siècle.

Un bilan en demi-teinte donc ... J'ai passé un agréable moment de lecture mais je péfère malgré tout les romans d'aventures d'époque ou les récits de voyage (il en existe de formidables chez Phébus Libretto). A vous de vous faire votre propre opinion...Tous à la bibliothèque !

Signé leiloune